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BICENTENAIRE NAISSANCE ALEXANDRE CHATRIAN 2026

Retrouvez l'ensemble de la programmation dans l'onglet "Village".

📜 Bicentenaire – Hommage à Alexandre Chatrian

Education ‱ 08/06/2026 09:00

Dans le cadre du bicentenaire, vous trouverez ci-dessous un texte de Jean-Bernard Clavière, rendant hommage à Alexandre Chatrian.




Si vous tendez l’oreille, ce soir, vous entendrez peut-être ce que j’entends moi quand nous chantons ici.

Pas seulement les notes, non… Mais quelque chose de plus ancien.

C’est le souffle de la forêt qui monte des ravins, ce souffle qui a bercé les contes d’Alexandre Chatrian quand il écrivait, la nuit, à la lueur d’une lampe à huile.

Il disait que les Vosges sont un pays « où les arbres ont des âmes, et où chaque source est une fontaine de jouvence ».
Moi, je crois qu’ils ont aussi des oreilles.
Ils écoutent, les vieux sapins.
Ils se souviennent des chants des moines qui défrichaient ces terres, des cris des scieurs de long dans les claires-voies, des rires des enfants courant vers l’école en automne, leurs cartables pleins de pommes de pin.

Et quand nous chantons, quelque chose en eux frémit – comme une corde de violon qu’on effleure sans la toucher.
Chatrian aimait conter l’histoire de ce vieux ménétrier qui jouait si juste que les cerfs quittaient le bois pour venir l’écouter, immobiles, au bord de la clairière.

« La musique, disait-il, c’est le seul sortilège qui ne fasse pas de mal. »
Alors ce soir, essayons ce sortilège ensemble.
Pas pour dompter la forêt, non. Mais pour lui dire :
«Nous sommes là. Nous aussi, nous técoutons»

Fermez les yeux un instant. Imaginez que nos voix ne s’élèvent pas contre le silence, mais avec lui.
Qu’elles glissent entre les troncs comme une brume du matin, qu’elles caressent les murs de cette église où tant de générations avant nous ont prié, aimé, espéré.

Chatrian aurait aimé cette image, je pense : des voix qui s’enroulent autour des pierres usées, comme la vigne vierge autour d’un vieux puits.
Des voix qui ne crient pas, mais qui confient – confient leurs peines, leurs joies, leurs rêves de lumière.

Alors nous allons continuer à chanter.
Pas pour remplir l’espace, mais pour le rendre plus habitable.
Pour que vous qui nous écoutez, repartiez en emportant, au creux de l’oreille, un peu de cette paix des sous-bois, de cette douceur des soirs d’été où les cloches des villages s’appellent de vallon en vallon.

Et si demain, en traversant la forêt, vous croisez un sapin qui semble pencher l’oreille…

Souvenez-vous : peut-être écoute-t-il encore le son de nos voix ?

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